Chapitre 2 

Retournons à Paris

Revenons trois ans avant mon départ en Australie, chers lecteurs, lorsque j’ai mis un pied dans la vie étudiante parisienne.

Après quelques premiers mois à l’université, j’ai pris mes marques et la routine s’est installée. J’avais des bonnes notes et un petit job à temps partiel en tant que serveuse qui me servait à payer mon loyer et mettre de l’argent de côté. Mes horaires étaient parfois contraignants, car je travaillais tard le soir jusqu’à minuit, mais heureusement, le restaurant qui m’employait n’était qu’à quinze minutes de chez moi en voiture. C’était difficile parfois de concilier école et travail, mais cet argent en plus me donnait davantage de liberté, alors je m’efforçais de le faire. ​

À cette époque, et encore aujourd’hui, j’étais fière de moi. Je n’avais que dix-huit ans, et pourtant j’étais capable de me débrouiller toute seule. J’avais mon propre appartement et rien à demander à personne, j’étais ma propre cheffe. Si je voulais m’acheter quelque chose, je le faisais ; si j’avais envie de sortir, de ne pas sortir, je le faisais également. J’étais un petit oiseau libre et surtout indépendant. 

L’indépendance, c’est un fort trait de ma personnalité. J’ai toujours eu ce besoin d’être libre, autonome, détachée. Je n’ai jamais voulu dépendre de qui ou quoi que ce soit. À cause de quelques déceptions appartenant au passé, je m’étais promis de ne plus rien attendre de personne et de vivre en paix avec moi-même, ce qui m’a rendue solitaire. Néanmoins, assez parlé de mes pauvres blessures du passé et revenons-en à ma vie à Paris.

Même si j’étais enfin dans cette grande ville pour étudier dans l’une des plus prestigieuses universités, je me sentais extrêmement seule. Pendant toute ma première année de ma licence, j’allais en classe, je sortais juste après les cours, je n’avais pas d’amis à l’école, j’allais chez mes parents le week-end, ma sœur venait parfois me rendre visite, j’allais au travail, et c’était tout. Parfois, je sortais avec Mindy, mais la plupart du temps, j’étais seule dans mon studio à regarder des séries ou des films. Il faut aussi savoir que je suis une personne très introvertie et timide, donc rien que l’idée de sortir seule, juste pour visiter les environs, me semblait inenvisageable et synonyme d’anxiété. En plus de cela, tous mes anciens amis, pour le peu qui restait, étaient soit trop loin géographiquement, soit trop occupés avec leurs études. Finalement, j’ai accepté mon destin de solitaire, pensant qu’on a peut-être raison lorsqu’on dit que les endroits les plus peuplés sont souvent ceux où l’on se sent le plus seul. 

Dans cette nouvelle vie d’étudiante parisienne, j’avais l’impression d’avoir pris trente ans d’un coup, mais ça n’avait pas toujours été ainsi. Lorsque j’étais au lycée, dans ma petite ville, malgré mon tempérament d’origine, j’étais plutôt déchaînée. Je sortais parfois en soirée deux jours de suite, riais en classe jusqu’à ne plus pouvoir respirer, buvais en soirée jusqu’à en perdre connaissance ; pour résumé, je faisais ce que je voulais. Alors, même si je vous ai dit plus tôt que je voulais m’évader de cette petite ville, faire de grandes choses, j’y ai quand même rencontré plein de gens formidables. J’étais bien avec eux, plus à l’aise et surtout, moi-même. Alors, en voyant les jours défiler dans mon petit studio en banlieue, je me demandais comment j’avais pu m’assagir aussi vite et surtout comment ma vie était devenue aussi plate et monotone. C’était peut-être ça, la vie d’adulte, après tout ? En effet, comme tout le monde le sait, après le lycée, les choses sérieuses commencent et chacun suit son propre chemin. On finit alors soit seul, soit avec quelques amis que l’on ne verra presque jamais dans la vraie vie et un tas d’autres que l’on passera notre temps à observer en train de s’amuser à des soirées étudiantes sur les réseaux sociaux. En ce qui me concernait, je n’échappais pas à la règle, mais j’ai pu quand même garder un ou deux bijoux en cours de route ; Mindy, dont j’ai parlé plus tôt, était l’un d’entre eux. ​

Mindy et moi étions comme des sœurs, constamment collées l’une à l’autre. J’ai pratiquement tout fait avec elle. Physiquement on se ressemblait beaucoup, mais elle était, dans sa façon de penser, mon contraire. De ce fait, des disputes éclataient souvent entre nous, mais malgré tout, nous arrivions toujours à passer au-delà de nos différences. ​Après le lycée, elle a également suivi sa voie à Paris, mais dans le tourisme. Nous nous voyions toujours, mais pas aussi souvent qu’avant et je pouvais sentir notre relation se dégrader. C’était triste, mais plus nous grandissions, plus l’écart entre nous grandissait également. ​

À partir de ma deuxième année d’études, les choses ont commencé à changer. Mes collègues de travail étaient ceux avec qui je passais le plus clair de mon temps et je m’étais enfin fait une amie à l’université : Caroline. Elle était comme moi, un peu réservée et timide au premier abord, mais une vraie pile électrique une fois le stade de la rencontre dépassé. Ça faisait du bien d’avoir enfin quelqu’un avec qui manger le midi, quelqu’un avec qui faire les travaux de groupe ou encore quelqu’un avec qui discuter pendant les cours ennuyants. Je sortais enfin de ma coquille et je commençais à m’ouvrir aux autres.

Néanmoins, le changement le plus flagrant était au niveau sentimental. Moi qui n’étais jamais vraiment sortie avec un garçon, même pendant mes années lycée, je fréquentais ce type plus âgé que moi de cinq ans, David. Certains d’entre vous vont sûrement penser que cette différence d’âge n’est pas si grande, d’autres qu’elle est énorme, mais dans notre cas, ça n’a jamais vraiment eu d’importance. J’étais mature pour mon âge et lui ne l’était pas, alors ça nous arrangeait bien. 

Vous vous demandez sûrement comment je l’ai rencontré, alors que 99,9 pour cent des étudiants de mon amphithéâtre étaient des filles. *Roulement de tambours* Sur une application de rencontres en ligne ! 

Vous êtes surpris ? Moi aussi, mais étant donné que je ne sortais pas beaucoup et que j’étais plutôt timide ou trop bête pour remarquer quand je plaisais à quelqu’un, j’avais décidé de prendre le taureau par les cornes. Ce n’était pas mon coup d’essai, mais David était le seul avec qui j’avais sauté le pas de la rencontre physique. Auparavant, j’avais toujours trop honte d’afficher mon visage, ou trop peur de voir quelqu’un que je connaissais déjà sur ce type de plateforme, alors je finissais par supprimer mon profil le jour même. Mais David, étrangement, m’inspirait confiance.

Au début, je lui ai menti sur mon âge, pensant qu’il ne serait pas intéressé s’il savait que j’étais plus jeune que lui. Je sais, commencer une relation par un mensonge est le pire des présages, mais j’imagine que la novice que j’étais voulait se montrer sous son meilleur jour.

Concernant notre relation, d’un commun accord, nous avons accepté d’y aller doucement dès le départ, ce qui signifiait : pas d’engagement. J’étais un peu effrayée à l’idée qu’il se volatilise du jour au lendemain alors que je voyais avec lui, après quelques mois d’échange, un potentiel futur, mais j’ai dû accepter ses règles implicites en sachant pertinemment que nous finirions ensemble. Je ne veux pas me vanter, mais j’ai tout de suite compris quel genre d’homme il était. Je savais que je l’aurais à l’usure, mais qu’il était trop fier pour admettre qu’il tomberait amoureux de moi. En réalité, je suis assez douée pour comprendre les hommes (du moins, c’est ce que je pensais à l’époque), alors quand j’en rencontre un, je sais instantanément si ça va matcher ou non. La plupart du temps, on le sait en analysant les détails ; ils révèlent tout.

Pour revenir à notre relation tumultueuse, comme je le disais, David et moi n’avions pas mis d’étiquette sur ce que nous étions. C’est sûrement ce qui nous a menés à notre perte. En plus de cela, il se disait toujours confus sur ses sentiments et avait beaucoup de mal à admettre qu’il n’était pas si coriace que ça. Je le comprends, il pensait encore au mal que ses diaboliques ex-copines lui avaient fait, mais moi, j’attendais tel un ange, prête à le réparer. Je sais, quelle plaie, ce fameux besoin que toutes les femmes ont de vouloir réparer un homme brisé ! Mais dans mon cas, j’ai appris la leçon. Plus jamais. Néanmoins, l’ancienne moi, pas encore avertie, est restée patiente et a attendu qu’il s’ouvre, en vain. Je dis « en vain », car après que la magie des débuts s’est estompée, David a commencé à s’éloigner et, du jour au lendemain, après deux mois, il m’a annoncé vouloir faire « une pause ». Il a trouvé des excuses plus farfelues les unes que les autres pour justifier son choix et j’ai eu beaucoup de mal à les accepter. J’ai essayé de passer outre, d’agir comme la fille cool que rien ne dérange — comme je savais si bien le faire —, mais je n’y suis pas arrivée. Ce n’était vraiment pas aisé de mettre mes sentiments sur pause pour les réactiver une fois qu’il se serait décidé, mais comme je ne pouvais pas le forcer à rester, je l’ai fait. 

Pendant cette pause, je me suis remise en question. Après tout, c’était sûrement ma faute s’il n’était pas comblé ? J’avais tort, mais à cette époque, je ne le savais pas. J’imaginais des scénarios rocambolesques et, encore aujourd’hui, je ne sais toujours pas pourquoi il a voulu faire une pause. Peut-être qu’il avait d’autres affaires inachevées ailleurs ou peut-être qu’il avait juste besoin d’un peu de temps de repos... de moi ? Quoi qu’il en soit, ça m’a fait mal, car je m’étais attachée et j’avais commencé à développer des sentiments pour lui. J’avais déjà imaginé un avenir en me disant : « Peut-être que c’est lui, le seul homme que je connaîtrai... » C’était une idée séduisante, mais surtout naïve. J’étais naïve et surtout trop compréhensive en laissant tout passer : jamais jalouse, toujours disponible, jamais un mot plus haut que l’autre et toujours à sa disposition, mais visiblement, ce n’était pas assez pour lui... 

C’est donc comme ça que la première égratignure sur cet amour flambant neuf est apparue et que j’ai connu ma première déception amoureuse. C’est dommage, car David est le premier homme avec qui je suis sortie, le premier à qui j’ai accordé ma confiance, mon premier petit ami, et je serais probablement tombée profondément amoureuse de lui s’il n’avait pas tout foutu en l’air. De ce fait, durant notre pause, je me suis fait une raison et je me suis efforcée de faire bonne figure au travail ainsi qu’à l’université. Après tout, j’avais l’habitude des déceptions et j’avais survécu à bien pire, alors pendant ce laps de temps, je ne me suis pas laissée abattre et mes sentiments naissants se sont atténués. Il était hors de question que moi, l’éternelle indépendante, je devienne accro à lui. J’ai donc continué ma vie de mon côté et, pendant que David se cherchait — ou peu importe ce qu’il faisait —, j’ai commencé à attirer l’attention d’un autre homme malhonnête que l’on appellera Monsieur Clown.

 

Monsieur Clown était nouveau à mon travail et le courant entre nous passait… plus que bien. On passait des heures à rigoler ensemble pendant le service et, bien sûr, notre connexion ne passait pas inaperçue. Cet élément perturbateur plus que charmant et surtout manipulateur a donc commencé à me faire du rentre-dedans et à me courir après pendant chaque service. J’adorais me sentir convoitée, moi qui étais plutôt invisible dans ma ville natale et, honnêtement, il avait des arguments convaincants, si vous voyez ce que je veux dire… J’ai finalement cédé à la tentation après avoir passé des semaines à résister, mais il était trop fort, il savait comment m’avoir et il m’a eue. Après ça, nous avons commencé à nous voir en dehors du travail et, encore une fois, j’y ai presque cru. Il me parlait de me présenter sa mère qui habitait au Pérou, de partir en vacances ensemble et, comme une idiote, je buvais ses paroles. Ce n’est que lorsqu’une collègue et, au passage, amie est venue m’avouer qu’il l’avait invitée à boire un verre que j’ai compris : j’étais tombée dans un sale guet-apens. J’avais honte, moi qui pensais ne pas pouvoir être trompée par un homme ; moi, l’étudiante en psychologie, je n’avais pas su détecter un menteur à deux balles. 

En plus de cela, j’ai appris par la suite que ce clown avait déjà une copine et une vie bien remplie avec cette dernière. C’était la cerise sur le gâteau : en plus d’être infidèle, il était infidèle à ses amants. C’était la goutte de trop qui a fait déborder le vase, alors un soir, avant le début du service, je l’ai confronté et je lui ai demandé de ne plus m’adresser la parole. Bien évidemment, il a nié en bloc, faisant mine de ne pas comprendre la situation, mais ne voulant rien entendre, je l’ai ignoré. Par la suite, j’ai profondément regretté ce bazar qu’il avait mis dans ma tête en l’espace de deux mois, au point de me faire presque oublier David et, en parlant de ce dernier, il est revenu quelques semaines après ma pseudo-rupture avec Monsieur Clown. Son timing était impeccable, mais quand il est apparu tout feu, tout flamme après ce silence radio, je n’étais plus aussi sûre de nous. Il n’était plus le seul homme que j’avais connu et, soudainement, comme un petit oiseau ayant enfin goûté à la liberté, j’avais la brûlante envie d’explorer le monde qui m’entourait, mais sans lui. J’étais perdue, je ne savais pas si j’avais envie de reprendre notre relation et, malgré moi, je suis devenue plus froide, distante, désintéressée et il l’a senti. Cependant, l’éternelle romantique que je suis a tout de même tenu à nous donner une seconde chance et, cette fois-ci, il était fou amoureux de moi.​ Il était fou amoureux, mais moi, j’avais changé.

Comme vous pouvez l’imaginer, après autant de déceptions et de bouleversements personnels en si peu de temps, j’avais beau faire bonne figure, je n’avais qu’une seule envie : me changer les idées. Toutes ces histoires avec David et l’autre Clown m’avaient découragée, d’une certaine manière. J’étais émotionnellement fatiguée, moi qui d’habitude étais en paix, solitaire et sans histoires. Découvrir les joies de l’amour n’était plus aussi drôle et le prince sur son cheval blanc que j’attendais depuis ma tendre enfance pouvait aller se rhabiller et faire demi-tour. ​J’avais l’impression d’étouffer dans mon quotidien et surtout dans ma relation avec David, j’avais besoin d’air neuf, de nouvelles personnes, de nouveaux visages et surtout de fuir. C’est ce qui arrive en général quand tout va mal : je m’en vais. 

Alors, vers le mois de janvier 2018, lors d’un intercours, lorsque j’ai entendu un camarade qui parlait de son semestre d’échange universitaire au Brésil, je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? » Il avait l’air libéré, grandi et surtout émerveillé par ce qu’il avait vu. En l’écoutant discrètement, j’étais envieuse, alors en rentrant le soir dans mon petit studio, je me suis renseignée sur le site de l’université et, heureusement, il n’était pas trop tard pour postuler à un semestre d’échange pour l’année suivante.

J’ai regardé parmi toutes les destinations proposées et, bien sûr, ayant toujours aimé l’anglais, je cherchais une destination anglophone. J’ai finalement choisi l’Australie, car c’était un pays qui me faisait rêver et je n’avais jamais pris l’avion, autant dire que je voulais pousser le niveau d’aventure à son maximum. J’ai donc choisi trois universités : l’université de Melbourne, l’université de Sydney et l’université de New South Wales, puis j’ai commencé à faire mon dossier. Il fallait un milliard de papiers, des lettres de recommandation, des relevés de notes, une lettre de motivation, passer un test d’anglais coûtant environ trois cents euros, un contrat d’études et bien d’autres choses. Au début, cela ne semblait pas réalisable, alors j’ai pensé à tout arrêter. De plus, je ne pensais pas être acceptée en raison du classement international prestigieux, des institutions et des exigences élevées. Après tout, pourquoi moi ? Je ne suis pas si intelligente que ça et je pensais également que je ne réussirais jamais le test d’anglais, mais devinez quoi... j’ai réussi.

J’ai obtenu mon premier choix, qui était l’université de Sydney, et j’ai reçu cette joyeuse nouvelle par e-mail durant l’été, à l’aube de ma rentrée en troisième année de licence. À ce moment-là, j’étais encore avec David et notre relation commençait doucement à se remettre de cette pause. Nous étions même partis en vacances pendant l’été dans le sud de la France et j’avais rencontré ses parents. Néanmoins, je n’étais plus comme avant, alors dès que j’ai su que j’allais partir, je savais qu’il fallait que je rompe avec lui. Nous marchions déjà sur une ligne très mince alors une relation à distance n’allait pas fonctionner. Pourquoi ? Parce que je ne crois tout simplement pas à ce type de relation... C’est étrange, mais si les gens ne sont pas physiquement avec moi, plus précisément si je ne les vois pas souvent physiquement, alors je les oublie. C’est peut-être pour cette raison que je suis une grande solitaire et, en plus, je déteste être tout le temps au téléphone…

Les mois ont donc défilé à une allure folle et le grand départ approchait. Je n’arrivais pas à trouver le bon moment pour quitter David et je me détestais de faire traîner les choses. Alors un soir, un mois avant mon départ, je l’ai invité chez moi et je l’ai quitté. Je lui ai également menti en disant que je partais pour un an au lieu de six mois, car je savais que si je lui disais la vérité, il me proposerait de m’attendre. Bien évidemment, il l’a très mal pris et, après notre rupture, il m’envoyait constamment des messages me proposant de m’emmener à l’aéroport pour mon départ, de passer une dernière nuit avec lui ou encore confessant qu’il m’aimait encore et qu’il attendrait que je revienne. La plupart du temps, je ne répondais pas, mais il continuait malgré tout, il était têtu et très tenace, mais parfois à la limite du harcèlement. Sentir qu’il attendait encore quelque chose de moi était fatigant et pesant, mais j’ai tenu le coup durant les trois semaines qu’il me restait.

Finalement, j’ai passé mon dernier mois à Paris à travailler au restaurant et, même si les relations étaient légèrement tendues avec Monsieur Clown, le temps a finalement apaisé les tensions. Nous avons fini par retrouver des rapports cordiaux et tout le monde était content pour moi de cette nouvelle aventure. 

J’ai donc bouclé mes valises avec mes sœurs, organisé le vol, l’hébergement, le visa et tous les autres détails administratifs. J’ai investi toutes mes économies dans ce voyage que je considérais comme le voyage qui allait me réparer et, le 31 janvier 2019 à 18 heures, j’ai embarqué à bord d’un avion à l’aéroport Paris Roissy-Charles-de-Gaulle. J’ai embarqué sans me retourner et je suis partie en laissant mes parents inquiets, mais heureuse, heureuse de pouvoir enfin me sentir libre et débarrassée de tous mes problèmes.

- FIN DU CHAPITRE -