Chapitre 2

Mère

Le jour où j'ai reçu mon diplôme de psychologue fut le plus beau jour de ma vie. Cependant, je n'ai jamais pensé, à aucun instant, que cet instant signerait le début d'une série d'événements troublants et imprévus dans ma vie.

Il m'a fallu cinq ans de nuits blanches pleines de doutes, de disputes avec ma mère à propos de mon avenir, cinq ans à écouter des mauvaises blagues sur Freud, et une profonde introspection pour y arriver. 

Oui. 

 

Ce fut un long voyage. 

Alors quand le directeur de l'université m'a remis ce bout de papier carré, délicatement posé dans un cadre en plastique, ce bout de papier qui était censé représenter le Graal, l'autorisation de pratiquer et d'écouter les problèmes d'étrangers sur un sofa, je fus la plus heureuse. 

Je m'appelle Taylor Middleton, je suis âgée de 25 ans et, comme vous l'avez compris, je suis une heureuse psychologue fraîchement diplômée.

Pour ceux qui se posent la question : Oui j'ai toujours voulu faire ce métier.

Était-ce un choix par défaut? Laissez-moi éteindre vos doutes et vous répondre que non, au contraire.

Pourquoi? 

 

Je suppose que j'ai les mêmes raisons que tous ceux qui choisissent cette voie périlleuse. J'aime conseiller les autres et essayer de résoudre leurs problèmes. J'ai également une appétence pour le mystère et j'ai toujours eu ce besoin de remettre sur le droit chemin les âmes perdues. Ça peut sembler une raison bateau, banale, tout droit sortie d'un entretien d'embauche mais c'est la seule raison consciente que j'ai à vous donner. Pour le moment.

À l'époque quand je venais juste de terminer le lycée, lorsque j'ai dit à mes parents que je voulais faire carrière en psychologie, je crois qu'ils ont soupiré. 

Même si aucun d'entre eux n'a de diplômes ni de qualification académique particulière, ils avaient toujours considéré cette profession comme étant mal classée sur l'échelle des emplois grandement admirés par la société. Au sommet de cette échelle, il y avait, bien sûr, être médecin ou chirurgien ou tout emploi lié à la science vraiment. En bas de cette échelle, il y avait, naturellement, toutes les professions relevant de la qualification d'artiste. Je suppose donc que Psychologue était classé au milieu puisqu'il s'agissait d'une profession de santé et qu'il fallait un assez long cheminement d'études pour y arriver. Mais malgré tout, mes parents pensaient quand même que je pouvais faire mieux.

Pour une raison quelconque, mes parents, ou plutôt ma mère, avait mis tous ses espoirs et ses rêves sur moi. Le poids de ses attentes était lourd sur mon dos, mais étant quelqu'un de fort cela ne m'avait jamais vraiment atteint. Néanmoins, je n'ai pas toujours été dans cette position d'enfant star de la famille Middleton.

Au début, le premier candidat ou, devrais-je dire, la victime, l'empreinte originale, était mon frère aîné. Peter.

Je ne m'en souviens pas très bien parce que je n'avais que cinq ou six ans, mais d'après ce que je sais maintenant, on se moquait beaucoup de lui à l'école parce qu'il était différent des autres garçons. Cependant, il n'a jamais été une victime, il a toujours résisté et tenait tête à ses tyrans. Il était incroyablement courageux et fort, je l'admirais pour cela. 

Peter aimait tout ce qui avait trait à la beauté, alors vous pouvez imaginer pourquoi cela a causé un problème à l'époque. Bien que ce soucis est toujours d'actualité aujourd'hui mais moins stigmatisé ma mère l'avait remarqué mais n'a rien dit. Elle l'a toujours défendu en dehors de l'école et a tenu tête à tous ceux qui parlaient mal de lui. Naturellement, en grandissant, il a choisi d'exercer le métier de coiffeur et maquilleur.

 

Aie.

 

Un métier très mal classé dans notre fameuse échelle de référence. De ce fait, cette révélation ne s'est pas très bien déroulée mais mes parents ont quand même payé pour son école et ses outils de travail. Malheureusement à seulement 18 ans, en raison d'autres différends inconciliables, et de secrets de famille inavouables, il a fini par quitter la maison, avec son diplôme de coiffeur en poche et ne s'est jamais retourné. On se voyait quand même de temps en temps chez lui, et il m'utilisait comme objet marketing pour son book professionnel de temps à autre. J'aimais bien lui servir de poupée, ça me détendait, et lui montrer mon soutien était important parce que c'est ce qu'une sœur est censée faire.

Alors après le départ de Peter, ma mère a dû mettre ses espoirs sur un autre enfant. Elle ne pouvait pas les mettre sur mon autre frère parce qu'il était handicapé et dans une chaise roulante, passant la plupart de ses journées à la maison donc naturellement, elle les a mis sur ma grande sœur. Lexa.

Lexa était très différente de Peter et plutôt calme. Elle était vraiment intelligente, et avait obtenu son diplôme d'études secondaires en sciences avec d'excellents résultats. Par la suite elle avait intégré une grande université d'ingénierie et de physique. Elle avait un avenir brillant devant elle et l'étiquette de l'enfant vedette lui collait parfaitement à la peau. Face à ces constats, j'étais soulagée que ce ne soit pas moi, écrasée sous cette pression. Cependant, après deux ans d'études, à l'improviste, elle a décidé de tout arrêter et de poursuivre des études d'art.

Encore une autre victime de la malédiction des Middleton.

Plus sérieusement, c'était logique dans un sens, elle avait choisi l'art au lycée comme unité d'étude et excellait. Elle aimait peindre et dessiner des choses étranges, je ne pouvais pas toujours comprendre son art mais je l'ai toujours soutenue. J'ai toujours participé à ses projets si elle avait besoin d'un modèle, ou d'un avis extérieur. C'était drôle et excentrique parfois, mais c'est ce que les sœurs sont censées faire. S'encourager.

Cependant, vous auriez dû voir le visage de mes parents quand elle a annoncé son changement de direction dans la vie. Aie. Encore un autre métier destinés aux parias de la société pour eux.. C'était tellement hilarant enfin seulement pour moi je pense. Mon père, lui, était surpris mais ne s'en souciait pas tellement, mais ma mère.. Oh ma mère était tellement en colère. Dès qu'elle l'a annoncé, elle imaginait déjà Lexa, sans abri, faisant des graffitis dans les rues pour gagner sa vie. Alors bien sûr, elle a essayé de la raisonner, de la détourner de ses vrais passions, mais si il existe un Dieu alors je le remercie car elle n'a pas réussi. 

La déception pour ma mère fut donc immense, elle qui avait toujours imaginé sa fille comme future physicienne célèbre ou riche. Dommage, elle avait parié sur le mauvais pion.

Finalement, il ne restait plus que moi et mon autre sœur.

 

Au sujet de mon autre sœur, Maureen, elle, avait toujours été rebelle. Le mouton noir de la famille. Nous n'avions qu'un an d'écart et pourtant nous étions si différentes. Je me demandais parfois comment? 

Nous avions été élevés dans la même famille, nous avions la même éducation, mais elle ne me ressemblait en rien. Je suppose que c'est pour cette même raison, qu'il existe un débat en psychologie comportementale sans fin, entre l'inné et l'acquis.

Maureen n'était pas une grande fan de l'école et avait toujours été plus intéressée par gagner de l'argent rapidement plutôt qu'étudier. Elle a quand même obtenu son certificat d'études secondaires avec des résultats corrects, et après qu'elle ait probablement été poussée par une force invisible, ou plutôt par ma mère, de continuer les études plus loin, elle l'a fait.

Elle s'est lancée dans des études de gestion et de communication, mais elle n'a pas aimé. Entre-temps, elle gagnait de l'argent en tant que babysitter pour arrondir les fins de mois. Même si elle habitait encore chez mes parents et qu'elle ne payait aucun loyer, elle avait ce besoin irrépressible d'économiser chaque centime. Je la comprenais. L'argent c'est la sécurité, surtout quand on y vient d'une famille modeste.

Par la suite, elle s'est réorientée et est entrée dans une faculté de droit. Elle avait toujours eu cet esprit de contradiction, alors je suppose que c'était un bon choix. Cependant, Maureen travaillait à temps partiel dans divers autres endroits à côté et a fini par être distraite des cours. Elle n'y allait plus et a redoublé une année. Finalement, elle a quand même persévéré et a obtenu sa Licence sans vraiment rien avoir appris, seulement pour sauver l'honneur familial. Après cela, elle a obtenu un poste dans une grande société en tant que manager, grâce à un ami qu'elle connaissait. Alors son parcours assez chaotique, pour ma mère du moins, ne faisait pas d'elle la candidate parfaite pour élever le prestige social de notre famille. Cependant, je suis quand même fière d'elle, même si à ce jour nous ne sommes plus en contact en raison de différends inconciliables une nouvelle fois.

Oui, la malédiction des Middleton est belle et bien réelle.

 

Alors à la fin de la partie, il ne restait plus que moi. Taylor. Moi qui pensait y échapper, je me suis retrouvée prisonnière de cette image d'enfant parfaite. Jamais de problèmes à l'école, toujours sage comme une image, réfléchie et gentille. Ma mère avait fait de moi sa dernière carte, son dernier atout, son joker et elle avait peut-être eu raison. Après tout, je suis la seule qui a obtenu le diplôme de Master dans ma famille. Je me suis efforcé de suivre ce chemin tracé sans jamais commettre de fautes, c'était fatiguant mais j'avais réussi. 

Ce bout de papier m'assurait un futur stable et prometteur et ma mère en était fière. Alors, après l'obtention de ce dernier, je pensais être finalement libre et débarrassée d'elle. C'était avant qu'elle n'essaye d'exercer une pression passive-agressive sur moi, pour que je poursuivre en Doctorat. Quelle blague. C'était un grand non me concernant, et heureusement, elle n'a pas cherché à me convaincre d'avantage. Je n'aurai pas supporté plus. 

Pourquoi cela?

 

Et bien je ne m'intéressais pas vraiment à la recherche, et je n'avais pas particulièrement envie de faire une thèse. Les études, assise dans un amphithéâtre glacial, à écouter des professeurs au tond monotone, c'était fini our moi. Je voulais simplement pratiquer et avoir mon propre bureau. Enfin gagner ma vie. Ma mère pensait qu'un doctorat me rendrait certainement plus riche et grande aux yeux de la société mais je n'en avais rien à faire. 

À ce stade, vous vous demandez sans doute pourquoi était-elle si obsédée par cette idée ? Qu'avait-elle vécu pour penser que bien gagner sa vie et acquérir un statut dans la société était essentiel?

La principale raison était qu'elle craignait que l'on finissent pauvres, à compter les centimes comme elle le disait si bien. Elle qui n'avait pas vraiment l'esprit ouvert, avait plutôt une vision binaire du monde. Il y avait les gens pauvres et les gens riches. Bien évidemment, nous les Middleton, faisions partie des gens pauvres et devions nous battre pour gravir les échelons et réussir. Alors, d'une certaine façon, je la comprenais aussi et je ne lui en voulais pas. C'est ce que chaque parent veut pour son ou ses enfants, mais elle avait une façon particulière de nous le faire comprendre. Je pense qu'elle avait peur intérieurement. Elle qui connaissait si bien les difficultés de vivre avec des revenus modestes, de se demander constamment comment nourrir sept bouches avec seulement un salaire, et le bruit des huissiers frappant à la porte à cause des bêtises de son mari. Alors oui, c'était sans doute une excuse légitime pour être une Mère contrôlante, mais en faisant ça, elle avait fait de moi et de mes frères et sœurs, les personnes les plus secrètes et émotionnellement ravagées de tous les temps. 

Au final, en nous élevant à la "dur" nous n'avions pas vraiment eu de relation avec nos parents. Mon père, après tout, ne s'est jamais vraiment occupé de nous et semblait dans notre foyer, être un visiteur. Seulement là pendant le dîner pour manger, et pour mettre de l'argent sur la table. C'était sa seule contribution. Il travaillait pour payer les factures, mais il n'était pas un père, juste un autre enfant dans cette garderie. Ma mère, pour rigoler, avait l'habitude de l'appeler son colocataire, probablement parce que leur amour était mort et qu'il n'y avait plus vraiment d'intimité entre eux.

Alors voilà comment j'ai grandi dans cette petite maison de campagne.

Nous étions sept au total et notre maison était littéralement en construction depuis ma naissance, ce qui signifie depuis 1996. Les placards ne contenaient que l'essentiel pour vivre mais c'était suffisant. Donc oui, même si nous n'avions pas un tiroir plein de bonbons ou beaucoup de variété pour le dîner, nous avons tous survécu. De plus, moi et mes frères et sœurs n'avions pas les vêtements ou les chaussures les plus chers du marché, mais nous étions toujours habillés correctement et propres pour aller à l'école. C'était le plus important après tout, non ?

Aujourd'hui, je continue quand même à penser que le comportement de ma mère et notre précarité nous a marqué d'une certaine façon, surtout moi et Maureen. Nous cherchions toujours de l'argent, en particulier elle. Nous avions ce besoin d'avoir ce filet de sécurité, cette garantie comme quoi nous n'avions pas échoué.

Avec le temps, j'ai su relativiser et réaliser que je n'étais une totale raté. J'ai fini par me construire en tant que jeune femme solide, à l'état d'esprit insouciant, et avec une forte capacité à s'adapter à n'importe quelle situation. Cependant, je ne suis pas quelqu'un de rebelle, de particulièrement bruyante ou "sauvage". Pour vous dire, je déteste les conflits et les disputes. C'était sûrement lié au fait que mes parents se sont souvent battus durant mon enfance, parfois violemment, au point que le voisin ou les passants appelaient la police pour intervenir. D'une certaine façon, leurs violentes disputes m'ont traumatisés. 

J'avais toujours été la seule, même si je n'étais qu'une petite fille, à les séparer. Je n'ai pas toujours réussi, mais je m'en sentais obligé. Mes frères et sœurs eux, ne s'en sont jamais vraiment souciés, mes parents auraient même pu s'entretuer devant eux et ils n'auraient rien dit. Alors il ne restait que moi, moi qui ne pouvais pas m'empêcher de les surveiller pour les empêcher eux, d'aller trop loin.

C'est peut-être ce qui m'a vraiment poussé vers la carrière de psychologue. Je n'avais pas réussi à soigner mes parents, alors j'ai essayé de soigner les autres.

Alors après tous ces constats et mon diplôme en poche. Je fus livrée à moi-même, désespérée à la recherche d'un emploi et encore une fois, avec ma mère me mettant la pression tous les jours. Après tout, j'étais arrivée au moment crucial, celui où je devais prouver que mes années d'études avaient servi à quelque chose.

Je dois avouer, que la recherche d'emploi était assez difficile. En cherchant sur le net, je ne trouvais que des postes à temps partiel, mal rémunérés ou dans des domaines que je n'aimais pas vraiment. Au cas où, j'envoyais quand même mon CV car j'étais quelqu'un de prévenant et j'avais besoin d'un plan B.

Idéalement, je recherchais un poste de psychologue clinicienne au sein d'un hôpital avec des enfants et adolescents. Je sais c'est spécifique mais pour une raison étrange, j'ai toujours aimé les hôpitaux et mon diplôme comporte également la mention clinique. En ce qui concerne le choix de travailler avec les plus jeunes, je me suis toujours sentie plus à l'aise avec eux. Les adultes sont effrayants et souvent méchants donc ils ne sont pas vraiment mon public cible.

Alors, à quoi correspondent les tâches d'une psychologue clinicienne? Essentiellement, mon travail est d'écouter vos problèmes, analyser la situation et vous aidez à les régler. Cependant une psychologue clinicienne ne fait pas toujours des consultations. Elle peut faire diverses évaluations standardisées, diagnostics, travailler avec d'autres spécialistes de la santé ou faire des études de recherche. Passionnant n'est-ce pas?

Néanmoins, après avoir trifouillé chaque coin et recoin d'internet pendant des mois afin pour trouver l'emploi de mes rêves, je commençais à désespérer. Face à des semaines sans réponses et aucun retour concluant, le doute s'est installé. Peut-être que je devais faire des concessions? 

C'était une question difficile car il était compliqué pour moi de changer mes standards. Malgré la pression de finir à la rue ou de retourner chez mes parents, la petite voix dans ma tête ne pouvait pas se satisfaire d'un emploi à l'opposé de mes envies. 

Je ne pouvais pas accepter de ne pas être épanouie professionnellement et de ressembler à ces gens qui n'aiment pas leur travail et qui deviennent aigris. Je m'étais promis de ne pas finir ainsi et de protéger mon esprit innocent du capitalisme. Il fallait donc faire des sacrifices, de la patience, mais dans mon esprit d'éternelle optimiste, ce n'était pas impossible. En plus de cela, je devais également payer le loyer tous les mois de mon appartement car n'étant plus étudiante, j'avais perdu ma bourse et il était hors de question de demander de l'aide à mes parents. Il fallait donc agir vite.

Finalement, après être arrivée au bout de mes recherches et avoir contacté mes amis, d'anciens maîtres de stage, et des étrangers sur les médias sociaux, je n'ai rien trouvé qui correspondait à mes attentes. En dernier recours, je m'étais inscrite à une chaîne de mails pour être tenue au courant des nouvelles annonces d'emploi. C'était fini pour moi, j'étais vouée à être une esclave d'internet et à la merci de gens derrière leur écran qui voudraient bien m'embaucher. Maudit soit le capitalisme.

Finalement un Lundi matin, dans ma recherche habituelle d'un avenir, je suis tombé sur une proposition d'emploi reçue via cette fameuse chaîne de mails. L'annonce était postée sur Craiglist et après avoir remarqué ce détail étrange, j'ai cru à une farce. J'ai également pensé qu'ils devaient être désespérés pour poster l'annonce sur un tel site, ou simplement pas à jour avec les nouveaux outils de recrutement de notre époque.

 

Néanmoins ce qui a attiré mon attention était le salaire : 80,000 $ par an. Divisé par douze mois dans l'année, ça faisait 6666 $ par mois. En tant que psychologue inexpérimentée, récemment diplômée, cela me semblait irréel.

L'annonce mentionnait également qu'ils acceptaient tout type de profil, même des étudiants fraîchement diplômés. Cela semblait douteux pour un tel salaire, mais j'ai quand même continué à lire.

« Le futur employé doit avoir un permis de conduire valide car l'endroit est isolé. De plus, un casier judiciaire vide est un plus, mais pas obligatoire »

Comment ça, pas obligatoire? Au contraire cela devait être plus qu'obligatoire! Quel genre de recruteur avec un bon diplôme en ressources humaines écrirait de telles choses? Bon, c'était peut être une erreur.

Je leur ai accordé le bénéfice du doute et j'ai continué à lire :

« ... Vous travaillerez avec un large éventail de personnes. Des enfants aux adolescents en passant par les adultes »

Bon ce n'était pas l'idéal mais ça remplissait quand même mes critères.

« Nous ne cherchons que des candidats sérieux parce qu'il s'agit d'un poste à long terme avec des possibilités d'évolution »

Génial, tout ce que je voulais.

« Le candidat doit être autonome, capable de travailler avec d'autres professionnels de la santé, courageux, plein de ressources et de créativité.

Courageux? C'est étrange mais d'accord.

 

Encore une fois, je possédais toutes ces qualités.

«Envoyez votre curriculum vitæ à l'adresse électronique suivante: jacks.oren@sanitorium.com, si vous pensez que vous répondez à nos attentes. 

Nous vous enverrons un courriel avec plus de détails sur le poste si vous réussissez la première étape de notre recrutement. Nous répondons généralement négativement ou positivement dans un délai de 48 heures. »

Bon, l'annonce ne me semblait plus si étrange que ça après tout, sauf pour la partie du casier judiciaire bien-sûr. Alors j'ai décidé de cliquer sur "Postuler". J'ai suivi la procédure indiquée puis envoyé mon CV pensant que je n'avais rien à perdre. Même si leurs standards n'avaient pas l'air si élevés que ça, il fallait que je tente. Après tout j'avais confiance en moi, j'étais une excellente étudiante et mon mémoire de fin d'année avait été acclamé par mes professeurs. Alors peut-être, que je pouvais les aider à élever leurs standards? 

Je sais, maudit soit mon fichu complexe du sauveur.

Quoi qu'il en soit,  j'ai continué ma journée tranquillement, à déposer des CV et lettres de motivation à droite à gauche. Puis le soir, fatiguée, j'ai fermé mon ordinateur portable en gardant précieusement la page de cette étrange annonce ouverte dans un onglet, et je me suis endormie.

- FIN DU CHAPITRE -